Parc National de la Guadeloupe

Note: The data were entered in the language of the country of origin (English, French or Spanish) and there is no translation available yet.

Chapter 2. EXECUTIVE SUMMARY

Present briefly the proposed area and its principal characteristics, and specify the objectives that motivated its creation :

Historiquement centré sur le massif forestier de la Basse-Terre, et sur 3 communes classées en « zone périphérique », le parc national de la Guadeloupe concerne depuis le décret du 3 juin 2009 un territoire potentiel de 21 communes sur les 32 qui composent l’archipel.

Le parc national de la Guadeloupe est l'un des espaces protégés français les plus diversifiés : les 10 espaces géographiquement distincts classés comme cœurs sont représentatifs de la quasi-totalité des écosystèmes de la Caraïbe. Ces zones constituent un patrimoine naturel de renommée mondiale, le territoire bénéficiant de deuxlabels internationaux : réserve mondiale de Biosphère (au sens du programme sur l'Homme et la Biosphère -MaB- de l’UNESCO) dont l'extension correspond à celle du parc national, zone de la convention relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau (zone Ramsar).

Terrestres ou marins, les 10 cœurs se répartissent sur la Guadeloupe continentale  :

- les cœurs de la baie du Grand Cul-de-Sac Marin qui comprennent l'îlet Fajou (1 565 ha), plus grand îlet du lagon, les mangroves et marais Choisy et Lambis (966 ha), les îlets Christophe (19 ha), Carénage (123 ha) et la Biche (24 ha) ainsi que l'estuaire de la Grande Rivière à Goyaves (1 171 ha), plus important cours d’eau de la Guadeloupe ;

- les îlets Kahouanne (19,55 ha) et Tête à l’Anglais (1,36 ha), pour leur seule partie terrestre, à mi-chemin entre les cœurs de parc du Grand Cul-de-Sac marin et des îlets Pigeon ;

- le massif forestier de la Basse-Terre, cœur « historique » du parc national de la Guadeloupe avec 11 communes et 17 300 ha sur toute la partie haute du massif montagneux ;

- les îlets Pigeon, et en particulier les récifs coralliens qui les entourent, élément majeur du patrimoine naturel marin de la Guadeloupe soumis à une forte pression touristique. L’espace classé en cœur en 2009 de parc national comprend la partie terrestre des deux îlets d’une superficie de 8 ha et un espace marin périphérique et côtier de 981 ha.

L'aire optimale d'adhésion regroupe les 21 communes de Guadeloupe (voir carte 2) auxquelles sera proposé d'adhérer à la charte pour y mettre en œuvre le projet de territoire. Définie dans une logique de solidarité écologique avec les cœurs, cette aire optimale d'adhésion englobe :

- Toutes les communes de la Basse-Terre, en continuité avec le cœur forestier par le couvert végétal mais également par les cours d'eau qui s'écoulent des hauteurs du massif. Le cœur marin des îlets Pigeon est également fortement dépendant des activités qui se déroulent à terre, dans les communes de la Côte-sous-Le-Vent ;

- Toutes les communes de la baie du Grand-Cul-de-Sac Marin de Deshaies à Anse-Bertrand, entourant l'espace marin et notamment les zones cœurs. La majeure partie du territoire de ces communes est en relation directe avec les cœurs, notamment via les bassins versants des cours d'eau, et les activités humaines s'exerçant dans le Grand Cul de Sac.

Seules ont été exclues de ce territoire les sections cadastrales les plus urbanisées et aménagées sur les communes de Baie-Mahault et des Abymes.

L'ensemble des espaces marins et des parties terrestres des îlets classés en cœur de parc national est inclus dans une vaste aire maritime adjacente. Elle couvre au nord la totalité de la Baie de Grand Cul de Sac marin depuis la Pointe de la Grande Vigie jusqu'au nord Basse Terre (avec des points à l'isobathe 100 m reprenant le zonage biologique) et s'étend à l'ouest jusqu'à la limite des eaux territoriales de façon à prendre en compte des reliefs sous-marins propices aux cétacés. Sa limite sud se situe au droit du phare de l'Anse à la Barque, au sud du cœur des îlets Pigeon. Depuis 2010 l'ensemble des zones économiques exclusives font partie du sanctuaire AGOA pour les mammifères marins.

 

Explain why the proposed area should be proposed for inclusion in the SPAW list

Le parc national de la Guadeloupe tire de ses espaces naturels une part importante de son caractère : celui-ci repose à la fois sur des éléments matériels, notamment un riche patrimoine volcanique, biologique, paysager et culturel objectivement décrit, spécifique mais fragile, ainsi que sur des éléments immatériels, incluant une capacité de ressourcement.

Avec sa « Grande Dame » qui culmine à 1 467 m, point le plus haut des Petites Antilles, le parc national de la Guadeloupe domine le nord de cet archipel né de la rencontre des plaques Amérique et Caraïbe à l'origine du volcanisme actif de l'île de Basse Terre : le dôme de la Soufrière a été mis en place lors de la dernière éruption magmatique de 1530 (depuis, il s'est fracturé au rythme des éruptions phréatiques, la dernière datant de 1976).

Entre cette île volcanique et sa voisine calcaire de Grande Terre, la baie du Grand Cul-de-Sac Marin est traversée par la plus grande barrière récifale des Petites Antilles. Elle intègre sur ses fonds durs ou meubles une mosaïque d'habitats marins de récifs et d'herbiers ainsi qu'un littoral protégé par mangrove et forêt marécageuse : en tant qu'abris et sources de nourriture pour les juvéniles de nombreuses espèces d'invertébrés et de poissons leur rôle écologique est considérable. Tortues marines et lambis figurent parmi les espèces emblématiques de cette baie.

Les récifs coralliens, dont l'endémisme est lié à leur isolement ancien de la région intertropicale Indo-Pacifique, structurent cet environnement marin. Les îlets Pigeon sont notamment un site de renommée internationale pour les remarquables formations qui s'échelonnent de quelques mètres à plus de 40 m de profondeur : les changements globaux et les agressions anthropiques sont à l'origine d'une dégradation importante de ce merveilleux jardin sous-marin depuis la fin des années 80.

Les cœurs terrestres sont principalement représentés par les écosystèmes originaux de l'espace forestier de la Basse Terre, désignés comme forêt « primaire » ou « climacique », en partie « forteresse naturelle » difficilement accessible du fait de son relief, de son climat et de sa végétation stratifiée qui présente une grande hétérogénéité spatiale. La flore luxuriante se compose d'une diversité visible d'arbres, de fougères arborescentes et de plantes épiphytes. La faune est discrète mais originale (deux hylodes endémiques de la Basse-Terre, le Pic de Guadeloupe, chauves-souris -seuls mammifères terrestres indigènes-, thécadactyle à queue turbinée,...)

À cette biodiversité exceptionnelle est associée une diversité paysagère remarquable : le parc national réunit un massif montagneux, différentes îles, un littoral particulièrement diversifié, des mangroves ainsi que leurs espaces maritimes associés. L'ampleur des dénivelés a pour corollaire un encaissement hydrographique important et un régime torrentiel des cours d'eau qui constituent le « château d'eau » de l'archipel. La qualité des eaux y est mythique et de nombreux Guadeloupéens viennent s'y baigner. Les rivières sont des corridors biologiques entre montagne et mer dont dépend intimement le cycle de la faune aquatique.

Depuis la déforestation par l'homme des forêts originelles de basse altitude, des parcelles agricoles de bananes en côte au vent et de canne en nord Basse Terre et Grande Terre environnent les cœurs de parc national, alors qu'en côte sous le vent la déprise agricole a favorisé des forêts secondaires. Les ripisylves et les boisements forestiers interstitiels, associés à la diversité dans l’utilisation des sols, jouent un rôle important dans les solidarités écologiques entre le massif forestier et le littoral. L'embouchure de la Grande Rivière à Goyaves, la plus grande rivière de l'archipel, constitue une vaste zone de vasières à mangroves : les sédiments s'y accumulent en formant un petit delta. Les îlets, localisés dans le Grand Cul-de-Sac Marin ainsi qu'en côte sous le vent, sont constitués par des bancs de sable et de vases posés sur des hauts fonds récifaux ou par des pointements rocheux (îlets Pigeon, Tête à l'anglais, Kahouanne).

Les îlets, en évoluant naturellement au gré des éléments, contribuent à l'identité du parc de par l'image d'« île déserte » qu'ils véhiculent. De la même façon, le cœur forestier, véritable poumon de la Guadeloupe dans l'imaginaire local, fait référence à la vie des origines. Pendant longtemps les Nègres marrons y ont trouvé refuge et, pour la population, le territoire du parc national représente tout à la fois un lieu de mystères et de forces inconnues, ainsi qu'une terre de ressourcement et de paix procurée par un calme naturel que les activités humaines ne viennent pas troubler. Avec la solitude sauvage qu'il dégage, le massif forestier se transforme en un révélateur de soi, un lieu initiatique qui se mérite : la Soufrière, qui impose sa grandeur et sa pure beauté dans les paysages, est quant à elle source d'émotion, voire d’excitation, mais aussi d'humilité, de crainte et de respect.

Seule la randonnée pédestre ouvre l'accès aux espaces forestiers les plus reculés. La trace des crêtes permet ainsi de découvrir les hauteurs du massif et d'embrasser par temps dégagé un paysage somptueux, jusqu'aux confins de la Grande-Terre et de la ligne d'horizon océanique. Dans les zones plus accessibles en revanche, et notamment le long de la route de la Traversée, la population vient régulièrement passer du temps en bordure de forêt, de rivières ou au pied des cascades. Très proches des agglomérations, les limites des cœurs de parc lui confèrent un caractère péri-urbain : trésor naturel à quelques kilomètres de la ville, il s'agit d'un espace public récréatif où sont proposés des aménagements légers à l'usage de chacun et dans le respect de tous.

Très largement ancré dans l'histoire locale avec ses chemins pavés, ses vestiges amérindiens et ses nombreuses traces, le parc et son double ancrage terrestre et maritime contribuent largement au sentiment d'appropriation identitaire par les Guadeloupéens (« park nasyonal Gwadloup, sé richès an-nou »). Ses cœurs sont des espaces « vécus », lieux d'usages anciens du fait de la tradition des jardins en forêt (les « habituées ») ou des activités dominicales à la rivière, dans une ambiance de retrouvailles familiales intergénérationnelles. En dehors de ces cœurs, patrimoine historique et activités traditionnelles prolongent l'identité de ce territoire d'exception : roches gravées, habitations coloniales, architecture de la côte sous le vent, constructions d’Ali Tur, jardins créoles, plantations forestières, agro-foresterie ou encore pêche artisanale, sont aujourd'hui indissociables de la Guadeloupe comme du parc.

Le parc national se caractérise par une très grande pluralité d'espaces, une diversité biologique remarquable et une forte interdépendance de ses écosystèmes. Pour autant, il n'en reste pas moins très vulnérable, notamment du fait de l'évolution des usages. Le parc éveille beaucoup d'émotions au nombre desquelles une très forte spiritualité ainsi qu'une très grande solidarité homme-nature débouchant sur le concept créole de « lyannaj' ».

C'est pour ces nombreuses raison qu'est sollicité son inscription au Protocole SPAW.

According to you, to which Criteria it conforms (Guidelines and Criteria B Paragraph 2)

Representativeness
Conservation value
Rarity
Naturalness
Critical habitats
Diversity
Connectivity/coherence
Resilience

Cultural and socio-economic criterias

Productivity
Cultural and traditional use
Socio-economic benefits