Réserve Naturelle de Petite Terre

Note: The data were entered in the language of the country of origin (English, French or Spanish) and there is no translation available yet.

Chapter 3. SITE DESCRIPTION

a - General features of the site

Terrestrial surface under sovereignty, excluding wetlands:

2 sq. km

Wetland surface:

10 ha

Marine surface:

9 sq. km

b - Physical features

Brief description of the main physical characteristics in the area:

v    Données climatiques

 

 

Le service météorologique de Guadeloupe a établi un zonage de la Guadeloupe selon les caractéristiques géographiques et climatiques. Petite Terre fait partie de la zone climatique comprenant Grande-Terre-Sud-Est et Désirade. Cette zone est délimitée au nord par une ligne virtuelle qui court à la limite sud du plateau qui forme la majeure partie des terres de la commune de Petit-Canal et à l’ouest par une frontière imaginaire qui la sépare des collines des Grands Fonds.

 

 ·      Température

Une amplitude thermique moyenne (de 5 à 7°C) et une température moyenne élevée caractérise cette zone du fait de la faiblesse de l’altitude et de l’exposition importante aux vents d’alizé dominants. Toutefois l’effet de continentalité (augmentation de l’amplitude et baisse de la moyenne) se fait sentir progressivement en allant vers l’ouest.

 

·      Humidité

L’amplitude moyenne des humidités est faible (6% de variation annuelle de la moyenne mensuelle). La valeur moyenne de l’humidité relative est légèrement supérieure à 80% sur le littoral. Elle diminue légèrement en s’enfonçant dans les terres. La variation maximale entre le jour le plus humide et le jour le plus sec est d’un peu plus de 25%

  

·      Vent

Bien que les vents ont une dominante de ESE à l’intérieur des terres , on remarque que la forme du littoral prend une relative importance en modifiant sensiblement la forme de la rose des vents par des effets locaux. En effet, ces vents encore d’ESE sur le littoral sud prennent une dominante ENE sur le littoral NE.

 

·      Pluviométrie

Elle y est assurée en grande partie par des phénomènes convectifs isolés de dimension souvent très réduite. Cela implique des cumuls quotidiens avec souvent de grandes disparités pour des postes très proches comme Désirade. D’où une obligation des climatologues de se référer systématiquement aux cumuls quotidiens en cas de doute sur les valeurs de plus grande échelle temporelle. Toutefois la connaissance de cette pluviométrie est très bien couverte par le radar. Sur kle Poste de Désirade on découvre des maximums de septembre à novembre. Le maximum de novembre est normalement supérieur successivement  à celui de septembre puis d’octobre. Un autre maximum apparaissant en mai est aussi très marqué ainsi que le minimum de février. Il peut y avoir sur le secteur de désirade Petite Terre des mois de septembre à octobre novembre beaucoup plus sec (relativement à leur moyenne normale) que pour le reste de la Grande-Terre.

Geology:

     Données géologiques et géomorphologiques

·      Géologie :  

-         Contexte locale

L’intérêt géologique de la Petite Terre réside principalement dans l’élaboration des formations actuelles (calcaires construits et cimentation de sables coquilliers) et dans la destruction de formations plus anciennes en climat tropical subaride. Les plus anciennes formations des îles de la Petite-Terre sont des calcaires miocènes, en tout point identiques à ceux qui couvrent les plateaux du  les plateaux de l’est de la Grande Terre. Ce sont des calcaires madréporiques. Les moules internes de Madrépores de toute sorte y sont nombreux, souvent remplis de petits Bryozoaires et de Lamellibranches perceurs. Le calcaire est blanc, très finement cristallisé et rendu très poreux par les moules internes des divers fossiles qu’il contient. Cette formation affleure sur la pointe nord-est de Terre-de-Haut et, à la base de formations plus récentes, sur les côtes est et sud-est  des deux îles.

Un important cordon de sables bioclastiques s’est développé sous le vent de Terre-de-Bas. Ce cordon borde une zone de mangrove dont les vases ennoient la limite orientale des reliefs calcaires.

Les formations subactuelles et actuelles sont représentées par des sables coquilliers provenant de la destruction des formations antérieures, d’une part, mais surtout de celle des tests d’animaux marins. Ces sables occupent la moitié nord-ouest de chacune des deux îles et forment de petites dunes qui atteignent environ 3 mètres d’altitude et sont donc en partie d’origine éolienne.

L’allongement, le morcellement et l’inclinaison régulière vers l’WNW des îles de Petite-Terre sont le résultat d’une tectonique cassante, tout à fait analogue à celle qui affecte la couverture calcaire de la Grande-Terre ou le plateau désiradien. D’autre part, quelques dépôts plio-quaternaire (brèches et plages soulevées) démontrent l’existence de mouvements eustatiques récents. Un des éléments géologiques remarquables de Petite Terre est la présence de beach-rocks.

Ceux-ci sont le résultat d’une lithification rapide des sédiments littoraux (sables ou graviers) par un ciment carbonaté en milieu intertidal. Le milieu intertidal est défini comme la zone de balancement du niveau marin résultant de l’action des marées et des vagues. Les beach-rocks constituent des formations géologiques remarquables, utiles à plusieurs titres (Carex environnement, DIREN, 2002) :

 

- ils peuvent représenter une protection efficace contre l’érosion littorale grâce à leur morphologie en dalles inclinées de 5 à 10° et leur grande résistance ;

- les beach-rocks présentent un intérêt géologique comme témoins marqueurs et dateurs de niveaux marins anciens et de la ligne de rivage ;

- ces formations font partie du patrimoine géologique mais aussi paysager, elles contribuent souvent à donner une connotation singulière ou spectaculaire à l’environnement côtier dans lequel elles se trouvent ;

- du fait de leur porosité initiale élevée, les sédiments littoraux sont des roches « réservoir potentiels » pour l’eau. La cimentation précoce des beach-rocks, qui consolide la roche avant l’enfouissement, atténue les effets de la compaction mécanique et de la pression.

Elle peut ainsi contribuer à la préservation d’une porosité effective intéressante.

Les îles de Petite Terre offrent un résumé schématique des évènements qui ont présidé à la formation de la Grande-Terre de Guadeloupe ou de la Désirade.

Soil:

Classement en zone ND au POS de la Désirade approuvé le 13 juin 1996.

Topography:

v     Topographie

 

 

Terre de Haut, en forme de triangle, est la plus petite île avec une surface de 0,4 km². Cet îlet est seulement 3 à 5 m au-dessus du niveau de la mer. Terre de Bas, en forme de rectangle, est 4  fois plus large et est seulement à 8 m au dessus du niveau de la mer. La partie la plus haute de Terre de Bas se trouve au Sud Est de celle-ci. La morphologie des deux îlets suggère que ce sont des blocs basculés limités au sud par deux failles normales orientés Est-Ouest.  Les fissures principales sont le long des côtes du Sud des îlets ont une ouverture maximum de 15-20cm. Elles sont associées à de petites fissures orientées 110°NE ou 15-25°N. Une importante fissure à l’extrémité Nord de Terre de Haut montre une ouverture de 30 cm d’ouverture.

Bathymetry:

·      Géomorphologie :

-Contexte locale

La carte bathymétrique du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine n° 7345s montre une continuité du plateau insulaire entre le Grande Terre et la Désirade. D’une profondeur moyenne de 20 m, ce plateau prolonge, en s’élargissant vers le sud-est, le littoral méridional de la première île nommée et rejoint ainsi le Banc des Vaisseaux, puis les îlets de Petite Terre. Ce plateau est limité au sud par la profonde entaille que constitue la vallée sous-marine de Marie-Galante orientée WNW-ESE et marquée par l’isobathe – 1000 m.

Hydrodynamics:

·      Données océanographiques :

- la marée

 Le marnage à la Désirade ne dépasse guère 50 à 60 cm en période de vives-eaux, avec une moyenne de l’ordre de 35 cm (Assor, 1988). Les cyclones peuvent cependant provoquer un gonflement important du niveau de l’eau sous l’effet du vent et la baisse de la pression atmosphérique. Le cyclone Hugo avait généré en 1989 une marée de tempête d’environ 1,50 m.

 

 - La houle

Le chenal qui traverse le lagon entre Terre de Haut et Terre de Bas est parcouru par un courant atteignant  à 1,5 noeuds par houle modérée (Bouchon et al., 1995), courant qui peut devenir très fort par grosse mer. Il sert d’exutoire aux eaux apportées par le déferlement des vagues atlantiques sur le récif.

Volcanic formations:

Pas de données

Sand dunes:

 

En arrière des plages sableuses, sur la côte nord de Terre de Bas, le sable s’accumule et forme un cordon littoral de plus de 2 mètres de hauteur. Ce cordon est stabilisé par des arbustes en dôme (Borrichia, Argusia et Suriana) qui précèdent une végétation arborée dominée par Coccoloba et Conocarpus (Guaiacum peut aussi être présent).

En plusieurs endroits, la mer creuse le cordon littoral jusqu’à venir déraciner les arbres. En d’autres sites, elle comble les indentations du rivage. Des pionnières succulentes colonisent alors le sable (Sesuvium ou Suriana).

Toutes ces espèces supportent une certaine salinité et la sécheresse superficielle liée à la porosité du sable. Collectivement, elles constituent une végétation adaptée à répondre rapidement aux évolutions imposées par la mer. En effet, bien qu’il soit ancré par endroit, sur des restes de barrière corallienne, l’édifice sableux du cordon littoral est occasionnellement (ou peut-être périodiquement) remodelé par la mer. La vitesse de la recolonisation végétale dans les sites devenus propices paraît rapide, compte tenu du caractère filtrant et instable du substrat. L’évaluation de cette cinétique pourra être précisée plus loin mais les observations réalisées permettent d’affirmer que l’installation précoce des plantes pionnières limite efficacement l’érosion éolienne. Ce processus actif de stabilisation du cordon littoral par la végétation, conditionne dans une large mesure, la nature ou l’existence des formations plus internes.

Underwater formations:

- Herbiers de phanérogames marines

 

Ils se développent sur les fonds sableux et vaseux entre 1 et 20 mètres. Ces herbiers sont composés de plantes à fleurs, dont la floraison est blanche verdâtre à rosâtre, les graines étant formées dans des cosses bien visibles.

Dans le lagon de Petite Terre, deux types d’herbiers se côtoient. Dans la zone située à proximité du récif frangeant, l’espèce principale est Thalassia testudinum. Dans cette zone, le sable continue de se déposer régulièrement à cause de l’érosion du récif corallien par hydrodynamisme. Cet herbier est ceinturé par une autre population de phanérogames composée d’Halodule beaudetti et de Syringodium filiforme.

 

- Récifs coralliens

Les îlets de Petite Terre sont majoritairement bordés de récifs frangeants. La principale zone où se trouvent les récifs coralliens est celle fermant le lagon à l’est du chenal séparant les deux îles. Dans cette zone, la partie située le long de Terre de Haut est celle dont le récif semble le mieux conservé. Le récif frangeant y possède la communauté récifale la plus diversifiée. Le récif oriental de Terre de Haut est très riche en poissons. Les formations coralliennes de Terre de Bas sont des constructions anciennes aujourd’hui colonisées par un peuplement d’algues brunes.


Figure a : Coupe schématique type du récif frangeant de la côte Est de Terre de Haut

 

La zone Est de Terre de Haut est la zone récifale la plus développée des îlets de Petite Terre (fig. a).

La largeur est d’environ 200 m et la profondeur maximale de 2 à 3 m.

  • zone a : rochers ou plage avec beach-rock ;

  • zone b : formation à Acropora palmata morts ;

  • zone c : chenal d’arrière récif (fond : dalles rocheuses nues à épandages détritiques) ;

  • zone d : platier à grands massifs de Porites alternant avec des chenaux de 2 à 3 m de profondeur et algues (Turbinaria) au sommet et bio constructions massives de Montastrea ;

  • zone e : front récifal formé d’Acropora palmata (80% de morts, colonisés par des Turbinaria), présence de Millepora et Porites ;

  • zone f : pente externe.

En arrière du front du récif qui forme un récif frangeant, le lagon est sableux et parsemé de colonies coralliennes. On y trouve principalement Diploria clivosa et Diploria strigosa (les coraux « cerveaux ») et Acropora palmata (corail « corne d’élan »). Cette dernière espèce forme des peuplements qui ont été endommagés par le cyclone Hugo et constituent des amoncellements de coraux morts (Bouchon et al., 1990). La repousse de nouvelles branches n’est constatée que sur une partie seulement des colonies. Acropora palmata devient dominant au fur et à mesure que l’on se rapproche du récif le plus à l’est, formant vers la limite externe de la dépression d’arrière récif un peuplement dense et mono spécifique.

Les individus vivants se trouvent principalement en arrière de la crête récifale, côté lagon et en-dessous de la zone très agitée (- 2 m) côté pente externe.

Au large de la pente externe (entre - 8 et - 12 m) les fonds sont constitués d’une dalle rocheuse à fort recouvrement d’algues brunes (Sargassum, Dictyota, Dictyopteris) et présence d’éponges, de gorgones et de quelques espèces de coraux (jeunes colonies d’Acropora palmata, Siderastrea, Diploria, Montastrea, …).

A l’ouest de Terre de Bas, les dalles sont fortement ensablées. On note de grands épandages sableux sur le plateau insulaire et l’absence de formations importantes d’herbiers de Phanérogames marines, à cause d’un hydrodynamisme trop fort dans cette zone.

Others:

  • Paramètres physico-chimiques des eaux marines 

Divers paramètres physico-chimiques (température, salinité, oxygène dissous et saturation en oxygène) ont été mesurés par Bouchon et al (1995) aux différentes stations définies lors de l’étude.

Stations

Température (°C)

Salinité (g/l)

Oxygène dissous (g/l)

Saturation en oxygène (%)

A

29,2

35,5

8,4

165,0

B

29,1

35,5

5,8

134,5

C

29,1

35,5

5,8

134,5

D

29,0

35,5

6,7

142,0

E

29,2

35,5

6,1

135,2

F

29,1

35,5

6,1

135,8

G

29,3

35,5

6,7

144,0

H

29,5

35,5

7,5

156,5

I

29,3

35,5

6,1

138,1

J

29,6

35,4

7,9

160,5

 

Les îlets de Petite Terre sont baignés par de l’eau océanique du large, dont les caractéristiques physico-chimiques sont d’excellentes qualités, les facteurs hydrodynamiques assurent un bon renouvellement de l’eau.